Dans le Grand EST et en milieu urbain, quels systèmes choisir en rénovation de logements collectifs ?
Lieu : INSA, Boulevard de la Victoire 67000 STRASBOURG, Amphithéâtre Jean ARP
Thème : Dans le Grand EST et en milieu urbain, quels systèmes choisir en rénovation de logements collectifs ?
Intervenants :
- Aristide BELLI, vice-président AICVF France
- Clémence GUININ, Solares Bauen, BE Fluides
- Henri KUBLER, co-gérant Hentschel Kubler Architectes
- Vincent SCHAAF, directeur du patrimoine Ophéa, Bailleur social Strasbourg
- Katharina BROCKSTEDT, Envirobat Grand Est
Déroulement
+/- 50 participants ont répondu à l’invitation, regroupant les membres AICFV et ENVIROBAT.
Après un café d’accueil servi entre 16h30 et 17h, nous sommes accueillis par Katharina BROCKSTEDT de Envirobat Grand Est et par Christian KLEIN, président de l’AICVF Alsace.
Katharina présente rapidement Envirobat et les évènements Envirobat à venir.
Christian explique l’origine de l’idée de cette conférence commune, survenue lors d’une rencontre au salon ISH à Francfort.
Aristide BELLI et Christian KLEIN présentent rapidement l’association de l’AICVF, avec les actions au niveau national et au niveau local, en Alsace.

17h15 : Conférence de Monsieur Aristide BELLI, vice-président AICVF et expert judiciaire
Pendant une heure environ, Aristide BELLI déroule une présentation très complète de 23 slides :
- Etat du parc de logements collectifs en France, par classes énergétiques
- Parcours de rénovation, avec les étapes à suivre du début à la fin d’un projet
- Les 5 bonnes raisons qui poussent les copropriétaires à rénover
- Les aides disponibles
- Les interventions nécessaires dans les communs et dans mes parties privatives
- Le choix des systèmes de chauffage, individuels ou collectifs, vecteur air ? vecteur eau ? radiateurs électriques ?
- La géothermie de surface ou la géothermie profonde pour les réseaux de chaleur
- Les solutions hybrides (PAC + chaudière par exemple, chaudière bois + gaz, stockage …)
- Les fluctuations des coûts des énergies
- Les solutions d’hybridation alternatives ou bivalentes et les opportunités de jongler en fonction des fluctuations des prix de l’électricité dans une journée.
- La vigilance sur le confort en ECS, le bruit, …
- Les solutions disruptives : cogénération, Hydrogène, …
- Les bâtiments intelligents pouvant produire de l’électricité (photovoltaïque) et stocker de l’électricité (batterie ou recharge de véhicules électriques) et pourquoi pas puiser de l’électricité dans les véhicules, si nécessaire ?
Aristide Belli est applaudi et il répond aux questions de l’auditoire.

18h15 : Table ronde animée par Katharina BROCKSTEDT avec
– Aristide BELLI : vice-président AICVF France
– Clémence GUININ, Solares Bauen, BE Fluides
– Henri KUBLER, co-gérant Hentschel Kubler Architectes
– Vincent SCHAAF, Directeur du patrimoine Ophéa, Bailleur social Strasbourg
Monsieur KUBLER, architecte, présente son cabinet et notamment la réalisation d’une rénovation de 400 logements de la Cité nucléaire de Cronenbourg. Il explique la complexité des projets de rénovation en collectif, nécessitant d’intégrer les problématiques économiques, esthétiques, ainsi que les subventions et les installations techniques existantes. L’accompagnement par un AMO est souvent nécessaire.
Mme. GUININ, responsable de la rénovation chez Solares Bauen et rénovant environ 900 logements par an, explique qu’en rénovation, elle se préoccupe d’abord de l’enveloppe du bâtiment et en fonction de l’étiquette énergétique visée. Elle va tenter d’optimiser les systèmes existants, plutôt que de les remplacer.
L’objectif reste toujours la baisse des charges pour les occupants.
Le fioul est systématiquement retiré, s’il y en a et la priorité est donnée au raccordement à un réseau de chaleur, si cela est possible. Certains projets se font en PAC, mais cela reste encore rare. Des expériences ont été faites en photovoltaïque pour de l’autoconsommation des communs.
Le passage d’un chauffage individuel vers un chauffage collectif est privilégié, avec notamment les solutions en Modules Thermiques d’Appartement, qui sont pertinentes.
Le passage du chauffage collectif vers individuel n’est jamais retenu, il est même interdit par le PLU dans l’Eurométropole de Strasbourg.
Monsieur SCHAAF présente Ophéa avec 20 600 logements sociaux et 400 salariés, dont 200 dans les services techniques et maintenance. Un investissement de 1 milliard, sur fonds propres, lancés pour les 10 ans à venir comprend la construction de 300 logements neufs et la rénovation de 6000 logements. Parmi ces 6000 logements, 4700 pourront être raccordés à des réseaux de chaleur et 2000 logements seront rénovés déjà en 2026.
68% de l’empreinte carbone d’Ophéa est concentrée dans les grands ensembles d’après-guerre, avec souvent du chauffage au gaz. 3% seulement du parc est en classe F et G, contre 15% en moyenne pour les copropriétés françaises. 55% de l’empreinte carbone du parc est concentré sur les logements classés E, F et G, sur seulement 11% du parc.
Le raccordement aux réseaux de chaleur est privilégié, ce qui permet d’y intégrer des ENR et d’obtenir des aides (CEE, ANRU, Eurométropole, …).
Le coût annuel de maintenance d’un logement social est de 650 euros par an en moyenne en France ; il est de 800 euros/an/logement chez Ophéa.
La plupart des rénovations des logements se font en sites occupés, y compris quand il y a de l’amiante, avec des techniques éprouvées et la gestion par des professionnels spécialisés. Si non, il faut passer par un système de logements tiroirs, beaucoup plus coûteux. Parfois il faut réfléchir à redécouper les grands logements en 2, car la demande est plus importante sur les petits logements.
Les PAC sont peu utilisées chez Ophéa et s’il y a des PAC, il y a généralement des chaudières en appoint/secours (hybridation). De mauvaises expériences ont été vécues sur des PAC eau/eau, avec des problèmes de manganèse ou de corrosion.
Pour Mme GUININ, les PAC nécessitent de devoir diminuer de 40% les déperditions du bâtiment, pour que les radiateurs existants puissent fournir la puissance nécessaire avec les températures d’eau plus faibles et l’ECS reste compliquée à gérer.
Pour M. KUBLER, les PAC sont toujours étudiées en avant-projet, mais jamais retenues au final.
Le débat s’ouvre ensuite avec la salle :
Il est précisé que les PAC air/eau sont tout de même pertinentes dans le Grand Est, avec des durées de vie correctes et que les nouveaux fluides naturels comme le propane, permettent d’avoir des températures de départ élevées (70°C).
Il n’y a pas vraiment de solution pour rénover un immeuble classé, avec des radiateurs électriques. Il faut commencer par rénover les logements « faciles », car parfois, le montant de la rénovation énergétique est supérieure à la valeur du bien …
Pour la ventilation, la priorité est donnée à la ventilation simple flux basse pression, en réutilisant les conduits shunt.
Pour le confort d’été, on peut rajouter des protections solaires quand il n’y en a pas (souvent pour les cuisines et salles de bain).
L’isolation par l’extérieure permet souvent d’améliorer fortement le confort d’été. Les brasseurs d’air peuvent être des solutions, si non, il n’y a que les splits air/air qui ne sont pas esthétiques et font du bruit.
En zones inondables, les chaufferies en sous-sol peuvent être équipées d’alarmes, on peut mettre en place des cuvelages, mais on peut surtout végétaliser les abords.
Pour conclure, Monsieur Kubler précise que l’architecte est le chef d’orchestre du projet en collaboration étroite avec le conseil syndical et que la rénovation énergétique redonne l’envie d’habiter l’immeuble, redonne de la valeur au bien et redonne une nouvelle vie pour les 40 ans à venir.
Le timing nous oblige à écourter les échanges, qui vont bon train.


19h15 : Cocktail de fin de réunion offert par Envirobat
Les participants se réunissent autour d’un verre de jus de fruit, de bretzels et de kougelhopfs.
L’occasion d’échanger, de faire connaissance et de poursuivre les débats.
Nous devons quitter l’INSA pour 20h.
Si vous souhaitez télécharger la présentation, veuillez cliquer sur le lien ci-dessous: